Zaï Zaï Zaï Zaï
création 2020
D’après le roman graphique Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro (éditions 6 Pieds sous Terre)
Mise en scène et interprétation — Grégory Bourut
Conception et bidouillages vidéo — Hugo Moreau
Dramaturgie, adaptation, Assistante à la mise en scène — Mélanie Briand
Régie et Création Lumière — Guillaume Redon
Dessins et Graphisme — Brice Devos (Sciapode)
Scénographie — Blutack Theatre / Conception Didier Salvan
Production / Diffusion — Pierre Reis
Administration / Production — Lucie Chrétien
Production : Blutack Theatre
Co-production : Du Grenier à la Scène, SNA – Scène Nationale d’Albi
Soutiens à la résidence :
TPN – Théâtre du Pont Neuf (Toulouse) ; Gare aux Artistes (Montrabé) ; Pavillon Mazar (Toulouse) ; Théâtre des Mazades (Toulouse)
Partenaires de création : Théâtre des 2 Points – Rodez ; L’été de Vaour ; Théâtre de Mende ; Maison du Peuple – Millau ; Arlésie – Daumazan-sur-Arize.
Un Road Movie Théâtral
Pris à parti dans un magasin parce qu’il a oublié sa carte de fidélité, un acteur de théâtre prend la fuite. Débute alors une longue pérégrination aussi comique que philosophique…
Un acteur de théâtre, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.
La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.
Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi.
L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.
« Les enfants, c’est papa… Écoutez, je ne rentrerai pas à la maison ce soir… et peut-être même pendant quelques jours… Vous avez peut-être déjà regardé les infos… Je veux que vous sachiez que votre papa n’est pas un bandit…»
Entre road movie et fait divers, l’acteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes – et concernées – de la société (famille, médias, police, voisinage…) et l’on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles.
HISTORIQUE DE CRÉATION
SAISON 18-19
Recherches dramaturgique / Exploration scénique et adaptation. Résidences au Pavillon Mazar (Toulouse), au Théâtre du Pont-Neuf (Toulouse) et à Gare aux Artistes (Montrabé).
SAISON 19-20
· 5 au 10 janvier : Théâtre du Pont-Neuf (Toulouse)
· 17 au 22 février : Théâtre des Mazades (Toulouse)
· 15 au 20 juin : Arlésie (Daumazan-sur-Arize)
· 21 au 27 juin : Théâtre de Mende
· 7 au 12 septembre : Gare aux Artistes (Montrabé)
· 14 au 19 septembre : L’été de Vaour
· 21 au 26 septembre : Maison du Peuple (Millau)
· 28 septembre au 6 octobre : Théâtre des 2 Points (Rodez)
CRÉATION 6 OCTOBRE 2020 : Théâtre des 2 Points (Rodez)
La presse en parle
Histoire de l’homme en case
Bénedicte Soula in Le Brigadier N°42
Et d’aventure en aventure, de traque en traque, de pages en scène, suivez la course folle, surréaliste et tordante d’un comédien fugitif. Une pépite.Par quel bout prendre ce Zaï zaï zaï zaï ; dernière création de Blutack theatre, pour lui rendre vraiment justice ? Chaque tentative pour poser des mots dessus nous semble être une atteinte, un peu sotte, à ce petit moment de poésie sur planches. Ce n’est pas du cinéma, mais un peu. C’est du théâtre, mois pas seulement. Le metteur en scène et interprète Grégory Bourut tranche pour nous: «C’est du ciné au théâtre, un road-movie statique » qui, sous ses airs d’autofiction et de presque-seul-en- scène, révèle une belle et tendre aventure collective. L’histoire prend sa source à la BD éponyme : le roman graphique de Fabcaro, qui a obtenu le grand prix de la critique ACBD 2016. Un type n’a pas sa carte de fidélité dans un magasin, et le voilà projeté au ban de la société, caissière, vigile et policiers aux fesses. Sauve qui peut, case après case, vers un ailleurs toujours en hors-champ qui se défile. Jusqu’à la Lozère, où il est permis (mais pas longtemps) de souffler un peu là-haut sur la colline. Du jeu et des images Grégory Bourut s’est totalement retrouvé dans ce personnage essoré, au point de lui voler son je. « J’ai transposé,un peu. Dans la bande dessinée, il s’agit d’un dessinateur, là c’est moi. Je sais de quoi on parle. Moi aussi, il m’est arrivé de ne pas avoir la carte du magasin dans la vie. De me sentir seul. Et là, il y a eu ce bouquin, dont l’humour absurde, burlesque, caustique et tout en autodérision est arrivé au moment où j’en avais le plus besoin.
Histoire de l’homme en case
Bénedicte Soula in Le Brigadier N°42
Ensuite, l’envie de mettre cette joie au service d’un théâtre qui pense (l’ADN de Blutack) et réciproquement la nécessité - devenue urgence après avoir travaillé sur une tragédie telle que l’Antigone de Brecht - de revenir à un peu de légèreté, ont aidé à trouver le ton du projet. Et une forme : connexe, inventée à partir de la complicité et de le mise en commun des talents très divers de cette équipe. Quelque chose comme un dialogue, livré en direct, entre les dessins de Sciapode (Brice Devos), les vidéos de Hugo Moreau, également au plateau, et le comédien. Et quel comédien! Comme un poisson dans l’eau dans ce décor mouvant, assez complet pour porter tous les rôles, mais aussi pour danser littéralement un monde malade de ses locataires, il prête son corps d’homme vulnérable, diffracté, démultiplié, aux facéties de la narration et des images. Le tout avec la connivence du public, qui se manifeste à grands coups de rigolade. Une pièce complètement zaï zaï, que nous vous recommandons sans réserve.
MJC ruthénoise. Plus de six mois après la fermeture de la salle de spectacle et l’interruption des représentations, la saison 2020 s’ouvre avec une pièce où se mêlent comique burlesque et questionnement sociétal. Le Blutack Théâtre présente sa dernière création : Zaï Zaï Zaï Zaï. Cette pièce est une adaptation du roman graphique de Fabcaro, sorti en 2015.Une cavale existentielleLa troupe a réussi à résumer la pièce en trois mots : un road-movie théâtral. En fuite, le personnage erre sur une route qui se révèle être aussi spirituelle que matérielle. Les spectateurs voyagent avec lui sur le cheminement de sa réflexion, à travers la Lozère, sans jamais bouger de leur siège.Avec les dessins et les graphismes de Brice Devos, projetés sur une boîte noire rappelant une case de BD, la pièce reste fidèle à sa source. «Nous avons voulu honorer la narration et le traitement graphique de la bande dessinée», souligne Grégory Bourut, metteur en scène de Zaï Zaï Zaï Zaï et comédien.La scénographie minimaliste est à l’image de la troupe toulousaine : « ce spectacle est comme nous, il est autonome ». Et grâce à de la captation et de l’animation en direct, l’histoire prend vie. Le comédien et les graphismes sont en symbiose, comme partenaires.Critique et interrogationsAu centre de cette comédie burlesque et absurde, il y a un mélange de questionnements sur l’humanité et de critique sociale, avec un soupçon de complotisme. Et ces sujets sociétaux ont été longuement travaillés et réfléchis, car le Blutack Théâtre prépare la pièce depuis plus de trois ans. « Nous avions besoin de prendre le temps, et surtout d’avoir la nécessité de prendre la parole. C’est le projet même de la compagnie », confie le metteur en scène. Après le tragique d’Antigone de Brecht, Grégory Bourut a eu envie de partager l’humour et la dérision dont le roman graphique est empreint. Les spectateurs sont alors transportés, par la narration, dans une réflexion critique sur leur quotidien. Et s’ils ne garderont pas tout de cette introspection, peut-être se laisseront-ils prendre au jeu de cette fuite libératrice.
qu’il met le doigt dans un engrenage improbable… car comme il a oublié fortuitement la carte de fidélité de l’enseigne, la caissière appelle le vigile de service lequel veut en référer aussitôt à la hiérarchie!!! C’est dire l’absurde de la situation de départ et une succession d’impromptus plus délirants et improbables les uns que les autres : bataille avec force poireau, fuite éperdue, traque par toutes les polices de France et de Navarre, médias en surchauffe permanente qui en font leurs gros titres, « pays en émoi », tout un chacun obligé de se sentir concerné par cequi ne devrait même pas être un fait divers déconcertant de banalité… Voilà donc rapidement résumée l’intrigue très minimaliste de cette histoire originellement publiée aux éditions 6 pieds sous terre sous forme de roman graphique signée Fabcaro, un auteur de Montpellier et qui fut couronnée de multiples récompenses dans différents festivals de bandes dessinées. Aussi farfelu en apparence que beaucoup plus insidieux en réalité, ce récit devenu « road movie théâtral » par la compagnie Blutack met ainsi en scène un unique acteur, lequel de bout en bout se démultiplie pour incarner des protagonistes aussi déjantés et imprévisiblesles uns que les autres. Grégory Bourut dans ce rôle est époustouflant, incroyable d’intelligence et d’inventivité pour tenir en haleine son public, lequel hésite en
rire jaune ou glacé devant des péripéties qui s’enchaînent à grande vitesse sans que l’on sache vraiment si on est happé dans un cauchemar d’une inquiétante actualité ou des perspectives futuristes guère plus réjouissantes. Entre micros- trottoirs désespérants de vacuité, lesquels hélas ne fleurissent que trop souvent, questions existentielles et réflexions désabusées… le ton est donné: folie douce et autodérision, individu broyé ou incompréhension des témoins involontaires… c’est dire que la dialectique est aussi riche qu’imprévisible, « une farce tragique ou rien n’est sérieux » certes, mais diablement angoissante tant elle nous interpelle par le déferlement de réactions attendues, étranges ou carrément dévastatrices qu’elle provoque.Un spectacle incroyablement novateur qui mêle dessins ou planches et interprétation subtile soutenue par un bruitage live et autres bidouillages vidéo. Une saison qui démarre sur les chapeaux de roues pour le Théâtre des 2 points, alias la MJC de Rodez.

