Antigone
création 2015
« QUITTE L’OBSCUR ET VIENS DEVANT NOUS UN MOMENT, EN AMIE, AVEC LE PAS LÉGER DE LA RESOLUE, EFFRAYANTE AUX EFFRAYANTS. DÉTOURNÉE, JE SAIS COMMENT TU REDOUTAIS LA MORT, MAIS TU REDOUTAIS PLUS ENCORE UNE VIE INDIGNE. ET TU N’AS RIEN ÉPARGNÉ AUX PUISSANTS, NI TRANSIGÉ AVEC CEUX QUI SÈMENT LE TROUBLE, NI JAMAIS OUBLIÉ UNE HONTE, ET SUR LEUR CRIME AUCUNE HERBE N’A POUSSÉ. JE TE SALUE. »
Création 2015
Spectacle tout public, à partir de 15 ans
d’après Bertolt Brecht, traduction de Maurice Regnault
L’Arche Éditeur est éditeur et agent théâtral du texte représenté.
Mise en scène Grégory Bourut
Avec Jean-Baptiste Artigas, Grégory Bourut, Christian Brazier, Marine Collet, Lise Laffont
Création lumière Philippe Ferreira
Création sonore Guillaume Haushalter
À propos d’Antigone
Antigone est la figure mythique incontournable dès lors que l’on veut se questionner sur la pensée contestataire. Indignée originelle, elle pousse son cri d’autant plus fort qu’on tente de la museler, et demeure la poignante allégorie de la parole qui résiste et qui termine emmurée vivante. Individu fragile qui s’érige seul contre le pouvoir, Antigone refuse de courber la nuque devant son oncle Créon, car l’homme qui courbe la nuque ne voit pas ce qui vient vers lui. Qu’en est-il du pouvoir quand il est mis en cause ? La dureté appelle-t-elle la dureté ? Antigone fait donc face aux crimes commis au nom du pouvoir, et nous montre une voie à prendre. On aborde avec elle la problématique de la désobéissance, de la révolte individuelle et collective, celle du rapport aux puissants. À travers son histoire, nous prendrons la parole comme à bout de souffle, pour dire, seulement dire, en grattant la terre à main nue… Je me révolte donc Nous sommes.
» MAINTENANT, VOUS ALLEZ NOUS VOIR, NOUS LES ACTEURS, ENTRER L’UN APRÈS L’AUTRE DANS L’AIRE DE JEU OU AUTREFOIS, SOUS LES CRÂNES DES BÊTES SACRIFIÉES AUX CULTES BARBARES, L’HUMANITÉ DANS LA NUIT DES TEMPS S’EST LEVÉE, DROITE ET GRANDE. «
Antigone est un mythe ami, qui m’accompagne depuis longtemps déjà, une histoire que je connais et que je re-découvre, à chaque fois, selon les auteurs qui s’en saisissent. Cette fois c’est la version de Brecht que je convoque pour éclairer et mettre en perspectives certains questionnements sociétaux contemporains. C’est éminemment la version la plus politique des versions d’Antigone, c’est aussi celle qui offre au Blutack Theatre la possibilité de continuer à déployer son travail sur la plurivocité, la choralité et sur le rapport au spectateur, ce que l’on nomme l’adresse au public. Qui mieux que Brecht peut nous guider dans le creux de la distanciation et de l’incarnation ? Voyager dans le Mythe et en sortir pour qu’il résonne d’autant plus. Re-présenter l’histoire, pour en apprendre davantage, afin de se souvenir d’actes semblables ou de se donner le courage de les accomplir.
Nous tâcherons dans le sillon de cette nouvelle création, d’approfondir notre « cuisine », essayer d’affiner notre singularité, d’affûter notre vocabulaire scénique et scénographique avec au centre de tout cela l’acteur généreux, qui donne…
Grégory Bourut
La presse en parle
Après l’Augmentation de Perec, qui a un connu un beau succès en 2013, Blutack mené par Grégory Bourut présente sa deuxième création : Antigone. Aurait-il donc abandonné l’idée d’un théâtre politique engagé dans la question sociale contemporaine au profit d’un théâtre de l’intemporel ? Pas du tout. D’abord, l’Antigone en question est celui de Brecht… Et, passé au tamis de la méthode Blutack, c’est un objet artistique plus que jamais porté sur la question contestataire. Entretien avec le metteur en scène.
Quand, après Cocteau et Anouilh, Brecht décide d’écrire à son tour son Antigone en 1948, c’est un acte politique fort : car, dans cette pièce, une analogie est faite, tout à fait volontairement, entre la situation originelle d’Antigone et celle de l’Allemagne du IIIe Reich. Antigone devient alors une figure de résistance au fascisme, une rebelle de l’Histoire. Est-ce cette portée politique qui a motivé chez vous le choix de la pièce et de son auteur?
Oui, bien sûr. Au départ néanmoins, je voulais travailler sur la réécriture du mythe d’Antigone et passer au filtre les différentes versions que l’on connaissait pour en extraire une de Blutack. Et puis, je découvre le mot de Thomas Bernhard dans un article de presse : « Le ventre de l’Europe est encore fécond d’où est sortie la bête immonde. » Fécond évidemment des idéologies nauséabondes fascistes et nationales-socialistes… Je me suis dit que Bernhard avait raison encore aujourd’hui, que l’on n’avait pas fait ce travail intellectuel pour se détacher de ça. Regardez les dernières élections en France… On n’est pas sorti des idéologies antisémites, de stigmatisation des uns ou des autres… Brecht est venu car sa pièce se situait au point de concordance de toutes ces réflexions ; c’est à la fois un manifeste antifasciste doublé d’un éloge de la résistance et une réécriture du mythe qui tord la version de Sophocle, et qui moi m’amène naturellement à une lecture contestataire de cette histoire.
Calendrier de création
. du 30 mars au 4 avril 2015
résidence à Daumazan (09) dans le cadre d’un partenariat avec Arlesie.
. du 13 au 30 avril 2015
résidence de création à Gare aux Artistes (31).
. du 5 au 11 octobre 2015
résidence de création au Theatre de La Commanderie, Vaour (81).
. du 12 au 25 octobre 2015
résidence de création à Gare aux Artistes (31).
. du 26 au 31 octobre 2015
résidence de création à la MJC Rodez (12).
. Sortie de création
24 novembre 2015 à la MJC Rodez.

